Jour de travail

Publié le par Claire

En ce premier mai (ou presque), fête du travail, je vais décrire une journée de travail de la coordinatrice des projets (moi) à Luna Nueva.

Pour moi il n’y a pas de journée de travail typique, chaque jour est différent, et c’est très bien ainsi. J’arrive à 8 h 00 et en général je regarde les mails arrivés depuis la veille. Luna Nueva fait partie de nombreux réseaux de lutte contre la traite des femmes, et je suis donc au courant de toutes les disparitions, de démantèlements de réseaux de trafiquants, d’enlèvements, de complicité policière, ce qui me rend parano. Je suis également au courant de toutes les manifestations de paysans, d’indigènes, de lesbiennes, de pro-avortement, d’anti-corruption, de pro Fernando Lugo (la nouvelle étoile de gauche qui laisse entrevoir enfin un changement de régime aux prochaines élections en 2008 – car le parti qui gouverne actuellement est celui du dernier dictateur, Alfredo Stroessner), etc. Je répartis les informations importantes à mes collègues, imprime une sélection des actualités et les avis de réunion ou de cours de formation. Après, selon ce que j’ai à faire (ou pas), je continue la rédaction d’un projet, je prépare une réunion, je participe à une réunion, j’aide mes collègues qui ne savent pas se servir d’un ordinateur, je réfléchis à comment trouver de l’argent, à comment faire une bonne politique de communication, je remet une bonbonne d’eau pleine à la place de la vide, je vais agiter les ours en plastique (un rose, un jaune, un bleu) au dessus d’un lit de bébé, je vais dire bonjour aux filles et voir ce qu’elles font, à midi je mange avec les filles dans des assiettes en métal avec une cuiller, ensuite je m’allonge dans un coin ou je vais me balader, puis à une heure je recommence ce que je faisais (ou pas), je blague avec mes collègues, je répond au téléphone quand la secrétaire s’absente, je vais installer un projecteur (je suis madame technique), je vais discuter avec mes collègues, je lis des documents sur l’exploitation sexuelle commerciale des enfants et des adolescents, ou je vais faire un tour dans le bañado pour rencontrer quelqu’un ou pour une réunion. A 17 heures je dis « hasta mañana ! » et vais prendre le bus pour rentrer chez moi. Et bientôt, de temps en temps, je pourrais parcourir les bordels la nuit, les poches remplies de préservatifs UNPFA… (brrrr).

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Publié dans Luna Nueva

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